campagne annonce au téléphone
Par Alf le mardi, juillet 1 2008, 05:09 - INTERVENTIONS - Lien permanent
Les faits :
La campagne spot TV diffusée du 7 au 28 mai, entre parfaitement dans l’objectif expliqué dans le dossier presse « établir un lien de cause à effet entre la réalité de l’accidentalité et le comportement de chacun au quotidien ».
Ainsi, « décliné en trois modules, ce film présente une série de situations mettant en scène « des individus », qui apprennent par TELEPHONE, qu’un de « leurs proches » vient d’être victime d’un accident de la circulation. Le grand public est interpellé directement sur la réalité de l’accidentalité quotidienne et ses conséquences dramatiques. L’accent est mis sur l’entourage de la personne accidentée dont la vie est brisée en quelques secondes ».
Analyse /réaction : La réalité réelle de l’impact de l’annonce d’un accident corporel grave ou mortel sur « des individus » semble méconnue. C’est un choc traumatique psychologique, qui a des conséquences irréversibles psychologiques et physiques pour « ces individus ». Ces derniers sont, puis-je le rappeler, une mère, un père, un mari ou une grand-mère, qui sont des victimes indirectes, appelées « victimes par ricochet » dont la vie est aussi brisée en quelques secondes. Les personnes, (car au-delà du terme « d’individus » qui est défini comme êtres humains indéterminés, confère le Larousse, ce sont des personnes) portent à jamais les conséquences post-traumatiques d’un accident de route grave ou mortel. L’annonce par téléphone déshumanise assurément l’accident, le banalise, puisque c’est SIMPLE COMME UN COUP DE FIL, et rajoute au traumatisme.
Témoignage de M.F : « j’entends encore, 6 années après, un policier anonyme me dire : Madame, votre fille a eu un accident, elle est morte. Il faut vous rendre à la gendarmerie du secteur à son ouverture ; sincères condoléances ». Voici, la réalité vécue de l’accidentalité et le comportement au quotidien. Il convient de prendre la mesure des conséquences humaines du choc traumatique qui résulte d’un accident de la route. L’annonce par téléphone d’un accident mortel, rajoute à la violence subie, la souffrance devient une détresse solitaire. C’est sûr, par téléphone, - même pas besoin de se déplacer, - même pas besoin de faire face à la souffrance de la famille.
une fois de plus, la campagne banalise, par maladresse et surtout par incompétence, les personnes victimes de la route par ricochet, c'est à dire les familles en deuil. Sans aucun doute, aucune association, ni aucune personne qui a une connaissance de l’annonce téléphonique d’un drame qui touche une famille, n’a été consultée.
Demande : Ainsi il serait utile d’avoir l’humilité de demander un avis aux « individus » concernés, avant d’officialiser une campagne. Consultez-nous, demandez un avis, comme nous l’avons déjà proposé dans nos courriers qui concernaient la campagne « Juste un peu …mort ». Dans notre association nous sommes confrontés à la « réalité réelle » de ce que vivent, ou plutôt subissent, les personnes victimes directes et indirectes (en deuil). Nous écoutons puis réfléchissons et agissons au quotidien dans un domaine délicat et difficile, s’il en est, puisqu’il touche à la vie et à la mort.