Association Laurence Fritz

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche, août 20 2006

Pourquoi tant d'accidents dans le Bas-Rhin ?

Dernières Nouvelles d'Alsace du 9 Août 2006;

Alors que le Ministère des Transports fait part de sa satisfaction, le Bas-Rhin  ne suit pas du tout le mouvement général d'après l'accidentologie de juin et de juillet.

Denis Tricart, journaliste des DNA, m'a contactée pour mener une réflexion sur ce sujet.

Monique FRITZ

 

Cet article permet de réaffirmer que sans ancrage dans la culture générale, les progrès ne seront qu'épisodiques. La prise de conscience réelle reste toute entière à faire. MF

samedi, août 19 2006

Les personnes victimes par ricochet

Qui sont les personnes victimes de la route "par ricochet" ?

Les conséquences d'un accident de la route s'étendent aussi aux familles et aux proches de personnes victimes décédées ou gravement blessées.

Ce sont des mères, des pères, des frères, des soeurs, des enfants, des amis que l'on nomme " personnes victimes par ricochet" et qui souffrent de traumatismes et de blessures, qui bien que non apparents ont des conséquences lourdes.

- Conséquences psychologiques :

Perdre un être cher, parfois en pleine jeunesse, ou assumer de le voir gravement et définitivement handicapé, est une souffrance indicible. C'est toute une vie bouleversée, réduite à un point de douleur, parfois à la colère, souvent au désespoir.

L'assistance de psychologues peut permettre de ne pas sombrer dans l'immédiat, la participation à des groupes de parole peut aider à se reconstruire.

Il est également regrettable de constater les conséquences psychologiques créées par l'entourage et parfois la famille : éloignement, indifférence, voire agacement et même rupture, comme si le malheur était indécent et contagieux.

- Conséquences physiologiques :

L'extrême douleur, si elle bouleverse l'âme, n'épargne pas le corps : longues nuits d'insomnie, cauchemars, anorexie ou boulimie, prise de tranquilisants et autres médicaments, angoisses répétées, inattention, pertes de mémoire...Ju'squ'à parfois rendre impossible l'exercice de sa profession.

On a constaté que les personnes victimes par ricochet, avaient souvent un potentiel de vie réduit, et développaient plus de pathologies ( coeur, estomac, intestins ...)

Il ne faut pas hésiter à consulter souvent, se faire suivre régulièrement, et exprimer sa douleur, au moins auprès d'un psychologue.

mardi, août 15 2006

6e rencontre avec les associations d'aide aux victimes

Le Ministère de l'Intérieur a organisé la 6e rencontre

 avec les associations de victimes

"Accueillir, enquêter, reconstruire", ont été les thématiques des interventions et des travaux en atelier de la journée du 3 juillet 2006 au CNEF de Gif-sur-Yvette, à laquelle nous avons participé.

La Police et la gendarmerie ont fait part de leurs efforts pour améliorer l'accueil du public et notamment l'assistance aux victimes.

Les institutionnels ont été attentifs aux questions et remarques du public présent.

La clôture de cette journée a été faite par le Ministre de l'Intérieur, M Nicolas SARKOSY, qui après un discours, a répondu à toutes les questions posées

Il est à remarquer que :

- les victimes d'accidents de la route n'ont pas été évoqués de manière précise et spécifique. En effet, les crimes et assassinats, toujours largement relayés par les médias, marquent bien d'avantage les esprits.

C'est pourquoi, nous sommes intervenues sur ce sujet, qui concernent des milliers de personnes chaque année, victimes directes ou victimes par ricochet.

.

samedi, juillet 29 2006

13e Rencontres parlementaires-Paris-

Jeunes et sécurité routière : un défi à relever

Lundi 12 juin 2006 : nous avons été à Paris aux 13e rencontres parlementaires sur la route et la sécurité routière.

Elles étaient organisées et présidées par M Hervé MARITON, Député de la Drôme, rapporteur spécial du budget des transports, sous le patronage de M Jean-Louis DEBRE, Président de l'Assemblée nationale et en présence ( finale) de M Dominique PERBEN, Ministre des Transports et de l'Equipement.

La table ronde du matin, présidée par M Richard DELL'AGNOLA portait sur "Le risque jeune", celle de l'après-midi, présidée par M Armand JUNG, sur "Partager la route avec les jeunes".

Nous avons remarqué surtout l'intervention de M Jean-Pascal ASSAILLY et celle de M Vincent JULE- PARADE, qui portent de vrais messages.

Ces rencontres permettent des contacts directs, parfois constructifs.

Il est à remarquer, de façon tout à fait objective, que : 

- 1) les 20 intervenants étaient tous masculins...

La parité ne semble donc pas encore acquise dans le domaine de la sécurité routière. Elle reste le monopole des hommes, en tous cas lors de ces rencontres...

- 2) pour une thématique qui concernait les "jeunes" et la route, seul un intervenant était jeune : c'était Vincent JULE- PARADE, vice-président de l'association " Victimes et citoyens". 

 

samedi, mai 27 2006

Publicité automobile dans tous les collèges

La publicité d'un constructeur automobile français dans tous les collèges de France

Depuis plusieurs rentrées scolaires, un constructeur automobile français arrive auprès des collégiens de France, sous couvert de prévention sur le thème de la sécurité routière. Le listing des enseignants d'Education Civique est donné par le Ministère de l'Education Nationale, sous couvert du Ministère des Transports. Ces derniers perçoivent-ils des sous, comme pour certains partenariats issus, eux des assurances ?

Toujours est-il que ce constructeur automobile, souhaite qu'on lui envoie des propositions d'affiches, élaborées par les élèves de 5e et 4e sur un support informatique, très bien élaboré, qui reste la propriété exclusive du constructeur.

La thématique proposée change chaque année, mais le logo, sur chaque document reste lui bien en place, visible par chaque élève sur chaque document qui ainsi devient une publicité déguisée.

Un concours d'affiches est ensuite organisé par le constructeur, qui le place même ensuite dans les espaces publicitaires publics. Ben voyons !! On fait bosser les professeurs( un peu naïfs, faut bien dire), les élèves qui se prennent au jeu multimédia très tendance, on prend du temps sur les programmes pour se voir sur un panneau publicitaire d'une marque automobile pour faire de la prévention ...

Si l'on réfléchit deux minutes, il s'agit de redéfinir l'indépendance de l'Education Nationale. Ce genre de prévention n'est qu'une publicité déguisée, si l'on y regarde de plus près.

Les professeurs n'ont pas besoin de cette intrusion publicitaire (à peine déguisée) d'un constructeur automobile pour faire de la prévention auprès des élèves. Encore faut-il, bien entendu que le Ministère renouvelle les documents pédagogiques à leur disposition et veuille bien, un jour inclure cette thématique dans les horaires et programmes officiels, ce qui n'est toujours pas fait.

C'est pourquoi, il sera utile d'ignorer cet appel pour démontrer que l'Education Nationale est capable d'indépendance.

 

La campagne " Tes idées à l'affiche" n'est qu'un leurre, qu'on ne s'y trompe pas. Les élèves sont manipulés : le souvenir de cet exercice proposé par ce constructeur les met en confiance et les prépare à leur achat automobile dans un proche avenir. Bien vu !!! C'est toujours moins cher que l'élaboration d'une pub TV et sa diffusion : car là ce sont les enseignants et les élèves qui bossent gratuitement...en croyant faire une bonne action ...

Mais de nombreux enseignants se sont pas dupes. Qu'on se le dise ...au Ministère de l'Education Nationale d'abord, au Ministère des Transports ( mission Sécurité Routière) ensuite .

Pour conclure, il est impératif de relire les 3 circulaires " d'interdiction de pratiques commerciales dans les établissements d'enseignement " qui ont été publiées. Elles devraient être connues et donc respectées :

- Le bulletin officiel de l'Education Nationale (BOEN) N° 28 du 3.07.1967 ( circulaire II-67-290) stipule :

"....il ne saurait être toléré en aucun cas et en aucune manière que maîtres et élèves servent directement ou indirectement à quelque publicité commerciale que ce soit."

- Circulaire du 8 novembre 1963 ( BOEN N° 42 du 21 novembre 1963)

- Circulaire du 10 décembre 1976 N° 76-440 ( BOEN N°47 du 23 décembre 1976)

Une enseignante,

qui refuse de prendre du temps dans ses cours pour une publicité,aussi bien déguisée soit-elle...

 

jeudi, mai 11 2006

comme pour de la marchandise

Comme pour de la marchandise :

Monsieur le Ministre des Transports, Dominique PERBEN se réjouit :

en ligne sur le site de son ministère, en date du 10 mai 2006:

"nombre de personnes tuées ( moyenne par jour):

8 mai 2000 : 20

8 mai 2001 : 13.2

8 mai 2002 : 17,3

8 mai 2003 : 13.6

8 mai 2004 : 12.7

8 mai 2005 : 9.6

8 mai 2006 : 8 "

J'aimerais qu'il explique aux familles des victimes, comment les personnes tuées le sont à 0,6 ou à 0,7 puisque ces nombres ne correspondent pas à une entité.

Il est parfaitement indécent et irrespectueux de communiquer de la sorte, sans aucun égard pour les personnes décédées et pour les familles qui pleurent leurs proches. Leur vie est brisée entièrement.

Les personnes victimes de la route ne sont pas de la marchandise.

Ces statistiques, derrière lesquelles il y a des vies uniques brisées, sont reprises ensuite, sans sourciller, dans les médias. Les journalistes ne semblent pas se poser d'autres questions.

Lisent - ils ce qu'ils publient ?

Moi oui. Même si je suis dans la souffrance. En effet,  sur chaque jour pèse l'absence de l'être cher.  Les personnes en deuil ne sont pas devenues aveugles et sourdes. Quant à moi, il me reste deux neurones que je connecte régulièrement pour réagir et agir sans modération. C'est ce que j'ai fait auprès du service de communication de la Direction de la Sécurité et de la Circulation Routière, (DSCR),ce jour. J'espère avoir été entendue et ne plus devoir lire des inepties pareilles.

J'estime de plus que cette communication est contraire aux droits fondamentaux de l'Homme.

mardi, mai 9 2006

Victimes de la route, quels sont vos droits ?

Victimes de la route, quels sont vos droits ?

 

Conférence- Débat :

Samedi 13 mai 2006

 

 à HAGUENAU ( Bas-Rhin)

 

10h-12h

 

Salle Gandhi de l’association La Graine

 

7 rue du rempart

 

 

L’accident de la route touche avec brutalité de nombreuses personnes. Derrière les statistiques anonymes, chaque victime est unique.

 

Victimes directes, tuées ou blessées ou victimes par ricochet, les conséquences d’un accident de la route sont dramatiques.

 

Aux traumatismes physiques et psychologiques liés à l’accident, se rajoutent parfois des violences institutionnelles.

 

L’AIVAR : Association d’aide aux victimes des accidents de la route, propose aide et soutien tant sur le plan psychologique que technique.

Lors de cette conférence débat toutes les questions liées aux conséquences d'un accident de la route seront débattues.

jeudi, avril 20 2006

émission FR3 Alsace

"La sécurité routière, encore un effort"

est un des dossiers de FR3 traité le jeudi 6 avril en soirée.(durée de l'émission en direct : 52 mn).

L' Association Laurence FRITZ a été invitée à participer au débat , diffusé sur FR3 Alsace.

 

Dans ses réponses et interventions Monique FRITZ a pu développer certains points :

- le fait qu'il convient de rajouter la notion de "personne" dans les statistiques utilisées. En effet, derrière les chiffres ce sont bien des vies humaines uniques qui ont été broyées sur les routes. C'est un simple devoir de mémoire et de respect pour les victimes directes et de délicatesse envers les victimes par ricochet ( parents- famille ...).

- dans les statistiques :  depuis 2005 on comptabilise les victimes décédées sur 30 jours après l'accident, bien que de manière transitoire on utilise en parallèle l'ancien système des remontées rapides sur 6 jours, auquel on applique un coefficient de majoration de 1,069.

- il serait temps de mettre  l'éducation routière scolaire dans les programmes officiels de l'Education Nationale, de manière transdisciplinaire au collège et au lycée. ( C'est inscrit  dans le Code de l'Education depuis 1957...). Une question au Brevet des collèges et au Baccalauréat permettrait de rendre visible cette éducation aux risques liés aux déplacements.

- dans le domaine de l'infrastructure, il est indispensable  de mettre en place une structure indépendante, qui puisse évaluer les routes et proposer des travaux de sécurisation, sans attendre que les accidents s'accumulent. Cet organisme doit pouvoir être indépendant des collectivités locales et politiques.

- dans le domaine de la pharmaco-vigilance :  3 pictogrammes différents  sont à présent sur certains médicaments. Ces mises en garde  sont à prendre en considération par le milieu médical et les usagers de la route.

 

 

mardi, janvier 24 2006

Gyrophares oranges

Obligations des agriculteurs qui circulent sur les routes et les voies ouvertes à la circulation.

Rappel : Les tracteurs agricoles : Ce sont des véhicules automoteurs spécialement conçus pour tirer ou actionner tout matériels normalement destinés à l'exploitation agricole dont la vitesse de marche par construction ne peut excéder 40 km/h. Définition des véhicules agricoles (art. R. 311.1 du code de la route)

Dans le Bas-Rhin, depuis 1984, l’allumage des feux spéciaux (gyrophares) pour les véhicules lents que sont les tracteurs notamment, n’était pas (plus ?) obligatoire sur certaines routes. Comme sur le CD n°8 par exemple, qui relie Sarre-Union à Diemeringen. (Alsace Bossue)

Mais un terrible accident s’est produit ce 8 mars 2003 au soir, dans lequel trois personnes sont décédées et une personne a été gravement blessée, suite à un choc contre un tracteur et sa remorque chargée non éclairés et sans gyrophare allumé

 

Il est à noter que dans les départements voisins ces feux spéciaux sont obligatoires de jour et de nuit sur toutes les routes et chemins départementaux, pour des raisons de sécurité et de visibilité évidentes.

Il devenait donc urgent d’alerter le préfet de région sur ce manquement grave à la sécurité des usagers de la route, afin qu’il rétablisse l’obligation de ces feux spéciaux.

Après différentes interventions, cette anomalie a été prise en compte, et notre demande a enfin abouti en date du 23 décembre 2005.

 Le préfet de région a pris cet arrêté  qui porte obligation aux véhicules agricoles, forestiers et engins de travaux publics d’utiliser des feux spéciaux :

 Article premier : Tout véhicule agricole, forestier ou engin de travaux publics (véhicules encombrants et lents) circulant sur l’ensembles des routes du département du Bas-Rhin, devra être équipé et faire fonctionner ses feux spéciaux, tels définis dans l’arrêté ministériel du 4 juillet 1972, soit clignotants, soit tournants, émettant de la lumière jaune orangée (gyrophares). Ils seront placés sur la partie supérieure du véhicule, de façon à être visibles dans tous les sens et devront fonctionner de jour comme de nuit.

 

Article 2 : Les dispositions définies par le présent arrêté sont applicables à compter de la publication du présent arrêté au recueil des actes administratifs pour ce qui concerne les engins munis de feux spéciaux.

Concernant les engins qui ne sont pas équipés par le constructeur, un délai de six mois à compter de la date du présent arrêté est accordé aux utilisateurs pour mettre leurs engins en conformité et installer les feux….

………………………………………………………………………………….

Grâce à la ténacité des interventions des parents de victimes qui ont osé réagir, interpeller toujours et encore pour changer la réglementation pour le bien commun, un nouveau pas est franchi, car nous sommes tous concernés par la sécurité des personnes sur les routes, dès lors que nous sortons de chez nous, à la ville comme à la campagne.

 

 L’Association Laurence FRITZ dédie la réussite de ce combat à Eric et Cindy, jeunes victimes de la route, dont les vies ont été broyées sur la route ce 8 mars 2003.

                                                                                                            Monique FRITZ

                                                                                                         

samedi, janvier 7 2006

Radio France

Radio France –Rhône Alpes:

Interview de Monique FRITZ pour la chronique Sécurité Routière ,

diffusée le vendredi 6 janvier 2006.

 

Le bilan de la sécurité routière communiqué mardi dernier par Dominique Perben, ce fameux chiffre de 4990 tués, ne serait-il qu'un trompe l'œil ? Si l'on s'intéresse d'un peu plus près aux statistiques, on s'aperçoit qu'elles ne sont pas du tout conformes à ce qu'elles devraient être… Explications avec Franck Pélissier.

 

mercredi, janvier 4 2006

Chiffres de 2005

Les statistiques des accidents de 2005

annonces faites dès ce 3 Janvier 2006 dans les Journaux Télévisés :

4990 tués sur les routes en 2005

Si TF1 précise dans son JT de 13h que c'est un chiffre provisoire avec une évolution 2004/2005 de -3,1% d'accidents corporels, -4,6% de tués ( personnes tuées) et de -3,4% de blessés( personnes blessées) se basant sur les données de l'ONISR publiées, France 2 ne le précisera que dans le JT de 20h, suite au mail, je suppose, que je leur ai envoyé. J'ai en effet demandé plus de transparence dans les chiffres annoncés. Il est utile, en effet, de les moduler car d'une part les chiffres à 6 jours restent provisoires ce 3 janvier et d'autre part l'estimation du bilan à 30 jours ne pourra être donnée que fin Janvier et le résultat définitif ne sera pas connu avant fin avril 2006.

Je rappelle que notre association était la seule à demander à l'ONISR depuis 2002, la transparence des statistiques réelles sur 30 jours.

Nous pensons en effet qu'il est utile de communiquer les chiffres exacts et que la France devrait être capable de compter correctement les personnes décédées sur les routes.

(voir aussi onglet "dossiers" du blog, pour plus d'infos sur ce sujet)

 

Si la Convention de Vienne de 1968, signée par la France, demandait la publication du chiffre des personnes tuées sur 30 jours, la France se contentait jusqu'en 2005, de prendre en compte les personnes tuées sur 6 jours et d'appliquer un coefficient multiplicateur de 1,057 ( soit x 5,7%) pour trouver un chiffre à 30 jours à fin de comparaison internationale..comme pour de la marchandise. De plus, les personnes blessées qui décédaient après le 6e jour restaient dans le chiffre des blessés.

Notre demande ayant été prise en compte, nous tenons donc en toutes circonstances, à une vérité vraie des chiffres publiés et médiatisés.

France 2 dans son  JT de 20h précise, avec le document à l'appui que j'ai conseillé,que les chiffres sont provisoires avec une marge d' erreur de 0,5% soit 25 personnes tuées. Cette marge d'erreur pouvant relativiser l'effet d'annonce.

Je trouve même qu'il est particulièrement indécent et irrespectueux de la part de nos décideurs et élus de donner des chiffres approximatifs, sans même attendre 30 jours. C'est à mon sens, faire peu de cas des personnes blessées qui décèderont des suites de leurs blessures d'ici fin janvier.

Malgré tout ce chiffre est un record, qui est l'aboutissement d'une mobilisation collective. Merci à M Dominique Perben d'avoir précisé dans son interview : " c'est le résultat des efforts de tous : les forces de l'ordre, les associations, qui nous ont beaucoup aidés, les collectivités territoriales, les conducteurs qui ont fait des efforts"...

Ainsi, ce 3 Janvier 2006, les médias se font l'écho de la satisfaction affichée par le Président de la République et le Ministre des Transports en matière de lutte contre l'insécurité routière, déclarée priorité nationale depuis le 14 juillet 2002.

L' Association Laurence FRITZ y a aussi contribué, sans aucun doute, et ne compte pas relâcher sa vigilance...en toute indépendance. 

Nous demandons encore que la notion de "personne" soit introduite dans les chiffres anonymes des "tués". Simple devoir de mémoire et de respect de la Personne disparue et devoir de délicatesse pour les familles endeuillées.

                                                                                                                                                          Monique FRITZ

dimanche, décembre 11 2005

Pour doper nos maires

Charte Sécurité Routière pour doper nos maires !

 

L’Association des Maires de France (AMF) regroupe l’ensemble des élus et fédère 36 000 adhérents constitués de 34 500 communes et 1500 communautés, qui sont regroupées dans 99 associations départementales de maires.

 

L’AMF a signé le 22 novembre 2005 une Charte de partenariat sur la Sécurité Routière , pour 3 ans, avec le Ministère des Transports, de l’Equipement, du Tourisme et de la Mer.

L’AMF invite les associations départementales des maires et les préfets à signer cette même Charte de partenariat.

 

Objectifs :

Informer les maires sur la politique sécurité routière, sensibiliser les maires et les aider en mettant à leur disposition tous les outils de communication utiles pour développer des plans d’action sécurité routière dans leurs compétences, dont :

L’infrastructure routière

L’aménagement de la voierie et la signalisation

La réglementation, le pouvoir de police et les contrôles par la police municipale

L’urbanisme et l’organisation des transports

L’éducation routière des enfants en lien avec l’école et l’organisation du péri-scolaire

L’information des citoyens

L’action en faveur de leurs agents territoriaux

 

Finances :

L’Etat participera financièrement aux journées interdépartementales organisées avec l’AMF

 

Mais qu’est-ce qu’une Charte, exactement ?

Larousse : CHARTE : Loi, règle fondamentale.

Un Charte de plus ? Pour quels effets ?

Quant on voit la prise en compte des  Chartes d’accueil des personnes victimes de la route en milieu hospitalier ou à la police et gendarmerie, on est en droit de se demander si ces chartes successives n’ont pour pas pour seul objet de donner bonne conscience devant les lacunes constatées.

Nous espérons que cette Charte sera signée par chaque association départementale de maires et les préfets pour instaurer réellement une politique sécurité routière de proximité. En ce sens je la trouve très intéressante et positive.

A chacun d’entre nous, à présent, de questionner nos élus locaux sur cette Charte pour pouvoir ensuite s’appuyer sur les engagements énoncés, lorsque nous formulons des demandes pour agir.

En effet, signer une charte c'est bien, mais la mettre en oeuvre c’est encore mieux …

 

La Charte complète a été mise en ligne sur le site officiel de la Sécurité Routière , mais je ne la trouve guère sur le site de l’AMF, malgré mes demandes….bizarre, non ?

 

samedi, décembre 3 2005

Quel continuum éducatif ?

La sécurité routière

et l'enseignement transdisciplinaire au collège.

Monsieur Gilles de Robien, Ministre de l'Education Nationale, affirme dans le préambule du livret " la sécurité routière dans les disciplines au collège" 2005/2006 : " Le continuum éducatif et son inscription obligatoire dans les horaires et programmes de différentes disciplines visent à une meilleure appréhension des dangers de la route ..."

 

Nous sommes allés le 21 novembre 2005 rencontrer M Dominique LEBRUN, en charge de la Sécurité Routière au Ministère de l'Education Nationale, pour lui demander  où ce continuum éducatif est inscrit de manière lisible dans le BOEN ( Bulletin Officiel de l'Education National).

Quels programmes? Quels horaires ? Quelles disciplines ? Quels niveaux ? Collège ? Lycée ?

Questions simples me semble-t-il, car cette éducation aux risques liés aux déplacements est incrite dans le code de l'Education depuis 1957...

Nous attendons des réponses, car si on affirme que c'est inscrit, j'aimerais bien pouvoir le lire, or je ne le peux guère, car cela ne figure pas dans les programmes, sauf en Education Civique 5e, où on le propose aux professeurs qui le veulent bien, comme exemple à exploiter sur la thématique plus globale de la Sécurité.

Au fait, quand on affirme quelque chose qui n'est pas vrai, comment cela s'appelle-t-il déjà?

Un oubli ?

Nous aimerions que nos responsables soient moins étourdis et aient enfin le courage politique d'avouer les lacunes et surtout de se mettre au travail, car le temps presse pour informer sans détours, éduquer et responsabliser nos enfants et élèves que nous confions à l'Education Nationale.

Qu'une seule question Sécurité Routière soit inscrite au Brevet des Collèges et au Baccalauréat ( toutes sections) et déjà un pas sera franchi pour mettre l'Atout du "respect citoyen" et de la Vie (ou Survie)dans les cartes qui participent à leur réussite promise.

mercredi, novembre 23 2005

Victimes de la route, le combat de Monique FRITZ

Rencontre : 16 novembre 2005

ARTICLE :

Fondatrice en mai 2002 de l'association « Laurence-Fritz », suite au décès accidentel de sa fille en 2001, Monique Fritz a créé il y a un an l'Association d'aide aux victimes de la route. Objectif  : apporter un soutien moral, et des réponses, aux proches des trop nombreuses personnes tuées sur la route.

 

« Personnes » : « Ce sont neuf lettres qui changent tout. Pour ceux qui restent, réduire l'être disparu à un simple chiffre, c'est intolérable », accuse ainsi Monique Fritz , présidente de l'Association Laurence-Fritz (ALF) et de l'AIVAR (Association d'aide aux victimes des accidents de la route). Cet été, la direction départementale de l'équipement et la Ville de Strasbourg ont compris son message et ajouter ce mot de neuf lettres à leurs statistiques. L'ALF attend la même chose de l'Etat.

 

Souffrance et solitude

 

  Monique Fritz se bat aussi pour qu'on ne dise ou n'écrive plus que ces personnes ont « trouvé la mort », ou qu'elles « se sont tuées », « comme si elles l'avaient cherché. Peu importe qui est responsable : ce sont des êtres humains qui ont disparu, rappelle-t-elle. Quand vous entendez ensuite que l'objectif du gouvernement est de "passer sous la barre des 5 000 morts", ça me révolte. En Suède, par exemple, on dit : "victime zéro" ».
 « Avec cette formulation atroce, on se dit "pourvu que cette année, ce ne soit pas moi", rebondit la vice-présidente de l'ALF et de l'AIVAR, Christiane Guilloux . Les mots sont des armes, il ne faut pas l'oublier ».
  Monique Fritz fait partie des trop nombreuses victimes « par ricochet » des accidents de la route. Sa fille, Laurence, a perdu la vie à 25 ans, après un choc latéral contre un arbre sur une nationale, en 2001. Un drame que sa mère a appris par téléphone, d'une voix anonyme.
 « Les premiers mots que l'on entend restent gravés à vie... L'accueil à la gendarmerie est aussi fondamental, car on se retrouve dans un état où l'on n'existe plus, on est transparent ». S'ensuivent neuf mois de cauchemars, jours et nuits, dans l'attente du procès-verbal de l'enquête, « pour découvrir qu'ils n'ont même pas eu la rigueur d'écrire le nom de ma fille correctement ».

 

Des groupes libres
et ouverts

 

 A ces problèmes administratifs, s'ajoute le désengagement de certains proches. « Combien de fois on entend "il serait peut-être temps que tu fasses ton deuil" (...) ; "bon, il faut passer à autre chose", regrette-t-elle. Ce sont les propos de gens qui ne sont pas passés par là. Souvent c'est par maladresse, mais ce n'est pas que cela : la souffrance d'autrui dérange, la mort dérange ».
 A travers les actions de l'ALF, Monique Fritz se rend vite compte qu'elle n'est pas seule, et que le désespoir d'autres victimes « par ricochet » du drame qui les frappe est insoutenable : « J'ai été très interpellée par cette souffrance et cette solitude qu'elles vivent ».
 Elle a alors décidé, avec les autres membres de l'association, de créer une petite soeur à l'ALF. L'AIVAR est née il y a un an pour permettre à toutes ces victimes de se retrouver - sans devenir membres de l'association, pour plus de liberté - dans des groupes de paroles pour échanger, discuter, en présence d'un juriste et d'un psychologue. Depuis un an, une trentaine de personnes se retrouvent ainsi une fois par mois. « On est un peu devenu une famille, on attend la réunion suivante et on apprécie d'accueillir d'autres personnes. Il n'y a pas de mouchoirs au milieu de la table, on partage aussi des fous rires, c'est la vie qui continue ».

 

 

« On est obligé de
vivre avec »

 

 En regardant cette femme meurtrie, on ne peut s'empêcher de penser : « Quel courage, n'oublie-t-elle pas de penser à elle à force de s'engager ? ». « Je ne me pose pas la question, je me dis que mon vécu peut peut-être apporter un peu d'humanité et de chaleur humaine, confie Monique. De toute façon, c'est quelque chose de présent dans ma vie, autant le mettre au service des autres, même si je préférerais de loin être présidente d'une association de pêche ! C'est un sujet lourd, mais important, au coeur de notre vie à tous. On ne s'en sort pas, on est obligé de vivre avec ».

 

Barbara Romero

 

 

dimanche, novembre 13 2005

Passage piéton déplacé

Mars 2005 : une fillette emprunte ce passage piéton alors qu'un bus était à l'arrêt et qu'une voiture arrive à côté du bus. L'automobiliste ne l'aperçoit qu'au dernier moment, la fillette est blessée à la jambe.

Cet accident démontre la dangerosité de cet endroit, soit disant aménagé pour traverser en toute sécurité. Or le piéton a tendance à s'avancer sur le passage piéton, sans pouvoir apercevoir les usagers de la route qui arrivent, et qui eux non plus ne peuvent guère le voir, le bus à l'arrêt, bouchant alors toute visibilité.

Strasbourg : au niveau du 39 route des Romains.

Pour traverser en sécurité, il faudrait attendre le départ du bus, pour voir et être vu.

Avril 2005 : nous attirons l'attention du SIRAC de la ville de Strasbourg et de la CTS sur cette infrastructure dangereuse, qu'il serait bon de modifier afin d' éviter d'autres accidents.

Septembre 2005 : l'ancien passage piéton est effacé et déplacé de quelques mètres...

....derrière l'arrêt du bus.

PS :  ces photos ont été prises les dimanches, ce qui explique qu'il y a peu de circulation dans cette artère qui connaît pourtant une circulation très dense en semaine. Notre objectif étant alors uniquement de rendre compte de l'infrastructure et de la signalisation horizontale.

lundi, novembre 7 2005

Expo interactive au collège

ACTION AU COLLEGE :

Informer-éduquer-responsabiliser

pour changer nos comportements.

 Le dire c’est bien, le faire c’est mieux :

«  J’ai mis des lumières à mon vélo »

                          «  Maintenant ma grand-mère met sa ceinture, je lui ai bien expliqué »

«  Je veille à ce que ma petite sœur soit toujours retenue dans son siège enfant »

                              «  Mon père n’envoie plus de SMS en roulant en voiture »

«  Je traverse sur les passages piétons »

                              «  Je porte un casque en vélo, même si ça me décoiffe »….

«  Je ne me mets pas trop près du bord du trottoir ou du quai du tram »…

                          «  Je mets ma ceinture, même à l’arrière, et même pour un trajet très court »…

Ces élèves de 5e et de 6e ont compris que la sécurité sur la route et dans la rue les concerne, eux-mêmes et les autres. Ils sont devenus les ambassadeurs d’une nouvelle culture de la route pour tenter de réduire les vies brisées, qu’ils soient piétons, en vélo, ou passagers.

 La Débrouillothèque n°4 de la FDMJC « Dans la rue, sur la route, toi, moi et les autres »qui sillonne le Bas-Rhin depuis plus d’un an et compte plus 15 000 visiteurs à ce jour, a installé ses expériences scientifiques durant une semaine, du 10 au 14 octobre 2005, dans la salle des Fêtes, à destination des jeunes élèves. L’Association Laurence FRITZ a permis cet événement de sensibilisation dans ce collège. 

 Les 500 élèves de 6e et de 5e ,ainsi que deux classes de CP, ont ainsi pu accéder sans modération aux 18 expériences et ont soumis ensuite leurs déductions et découvertes à l’expertise de l’animateur. Les idées reçues tombent, les dangers de la route et de la rue se précisent. Chacun comprend combien il est concerné.

 Une autre façon d’apprendre

 

 

 

De l’utilité de la ceinture qui ne tient pas que le pantalon.

 Se rendre compte du temps de réaction

 

 

Le temps de réaction : 1 à 2 secondes pour que l'influx soit transmis au cerveau

 Pouvoir s'arrêter à temps ?

La distance d'arrêt est la distance parcourue pendant le temps de réaction qui se rajoute au temps de freinage, qui est fonction de la vitesse.

Cette expérience permet de mesurer la distance parcourue, à différentes vitesses.

 

 

vendredi, novembre 4 2005

Laurence

      Laurence,

      Ce fut la nuit la plus sombre

            Où tu disparus dans la pénombre

                 Ce fut un quatre novembre

                Plus noir qu'un jour de décembre

              Où l'horizon cerné par l'obscurité

            Se fige dans les brumes glacées

      Alors ton sourire nous a fuis

 Nous restions sans voix démunis.

               Mais bientôt apparut ton regard

 D'une Association tu devins le phare

         Tu nous invitais à agir

 Pour sur la route éviter le pire

        Et maintenant ton Journal

          Devient une sorte de fanal

          Pour guider le jeune inconscient

          Et freiner le conducteur imprudent.

Métamorphose

D'une ténébreuse nuit

          En lumineuse force de vie

Laurence

Demain encore comme au loin un phare

Tu nous éclaireras de ton regard

dimanche, octobre 30 2005

Nouvelle délégation aux victimes

La délégation aux victimes.

Source : le site Ministère de l’Intérieur le14 octobre 2005 :

Inaugurée le mardi 11 octobre 2005 par M. Nicolas SARKOZY, la délégation aux victimes est une structure à vocation nationale et permanente, relevant du ministère de l’intérieur et de l’aménagement du territoire.L’accueil et l’aide aux victimes figurent parmi les trois défis majeurs fixés par le ministre aux policiers et gendarmes réunis le 27 septembre 2005 à Paris.

Les policiers et gendarmes sont en effet, les premiers interlocuteurs des victimes. Soutenir, écouter, renseigner, orienter les victimes doivent être de réelles priorités d’action. Aussi, la délégation est-elle chargée de proposer et conduire celles destinées à la mise en œuvre d’une politique dynamique et opérationnelle d’aide aux victimes au sein du ministère de l’intérieur et de l’aménagement du territoire.

Elle a plus particulièrement pour mission :

- en interne,  de proposer des actions, des méthodes et des outils adaptés à l’amélioration et la prise en compte des victimes dans les services relevant de l’autorité du ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire. La délégation participe à la diffusion des bonnes pratiques, évalue ou fait évaluer par des audits l’application des mesures décidées. Elle assure  le suivi du traitement des incidents et des réclamations et participe à l’animation du réseau des correspondants départementaux d’aide aux victimes de la police et gendarmerie nationales. Elle peut être consultée sur les programmes de formation initiale et continue des policiers et gendarmes.

- en externe, d’entretenir des liens étroits et permanents avec l’ensemble des associations de victimes et d’aide aux victimes en analysant et relayant leurs attentes. Elle fait procéder à des enquêtes de satisfaction dans les  services de police et unités de gendarmerie. Enfin, elle inscrit l’action du ministère de l’intérieur et de l’aménagement du territoire dans une démarche partenariale tant au niveau national qu’international.

Son action fera l’objet, annuellement, d’un bilan d’activité.Placée à la Direction Générale de la Police Nationale , elle est composée :

 - pour la police nationale, du contrôleur général Catherine Faure, du commandant de police fonctionnel Maryvonne CHAPALLAIN.
 
 - pour la gendarmerie nationale, du lieutenant-colonel Pierre GAZAN, de la lieutenante Karine LEJEUNE et du gendarme Stéphane DHAINE.

Installée au 3-5 rue Cambacérès – 75008 Paris, la délégation aux victimes peut également être jointe :

par téléphone : 01.49.27.38.54

par fax : 01.49.27.42.06

par courriel : cabdgpn.deleg-victimes@interieur.gouv.fr

EXTRAIT de l' intervention de M. Nicolas SARKOSY,

Ministre d'Etat, Ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire

- Installation de la Délégation aux victimes .

2. La création d’une délégation aux victimes s'inscrit dans cette ambition.

Elle est chargée de piloter la politique d’aide aux victimes au sein du ministère de l’intérieur.  Il s’agit d’une structure permanente commune à la police et la gendarmerie. Elle sera en lien permanent avec mon cabinet et nous continuerons avec les deux directeurs généraux à vous rencontrer bien sûr chaque année dans le cadre des manifestations habituelles.

Pourquoi ai-je voulu cette structure? Pour qu'il y ait un lien permanent, étroit et confiant entre mon ministère et les victimes.

Je connais vos difficultés, qu'il ne s'agit pas d'occulter. Vous savez que je n'ai pas l'habitude de fuir mes responsabilités. Je sais combien il peut être difficile de se trouver en position de prouver à un enquêteur que son enfant a été victime d'abus sexuel de la part de son père quand on est une mère de famille bouleversée par ce qui arrive. Je sais combien les analyses psychologiques sont éprouvantes, pour ne pas dire traumatisantes pour les enfants victimes et souvent suspectés de mentir. Je sais combien il est douloureux, après des années de procédure, une fois que l'autre finit par avouer son geste, de ne recevoir aucune explication, simplement un courrier administratif indiquant la date du procès.

Je sais aussi combien l'accueil dans les commissariats ou les gendarmeries peut devenir une épreuve, avec de longues files d'attentes, avec des conditions de discrétion et de confidentialité qui laissent souvent à désirer, avec parfois, pourquoi ne pas le dire, quelques remarques déplacées, "juste pour rire", avec aussi un traitement qui peut tourner à l'infantilisation. Ce n'est heureusement pas la règle partout, ce n'est même pas la règle dans la majorité des commissariats, mais il faut dire que ces situations existent, et qu'elles ne sont plus ni tolérables, ni tolérées. Je sais combien les gendarmeries et les SRPJ ont fait des efforts remarquables, et je veux les en féliciter et les encourager à faire encore mieux. Malheureusement, il arrive que les choses se passent moins bien ailleurs. C'est en priorité à ces endroits que porteront les efforts de la délégation aux victimes.

Je sais combien, victime une première fois d'une infraction pénale, on devient parfois victime une deuxième fois en devant affronter les regards au moment du dépôt de plainte, puis l'extrême longueur de la procédure judiciaire. Et puis on devient souvent victime une troisième fois après le procès, parfois rejeté par ceux à qui l'on s'est confié, comme si avoir été victime était "contagieux". Je connais votre courage, c'est pourquoi je ne peux me contenter de lui rendre hommage sans également tout mettre en œuvre pour alléger autant que faire se peut votre fardeau.

Les victimes ont un droit : celui d'une reconnaissance pleine et entière. Ceux qui ont traversé l'épreuve le savent : la victime est projetée dans un abîme creusé par l’inhumanité du crime. Reconnaître, c’est considérer à sa juste mesure la souffrance ; c'est contribuer à faire renaître la personne frappée par l'injustice.

Mais reconnaître, ce ne peut être simplement faire preuve d'une attention fugitive. Il faut aussi accompagner la victime, c'est à dire se joindre à elle et à ses angoisses, respecter ses doutes et ses questions. Cet accompagnement doit être assuré très tôt, dès la première intervention de la police ou de la gendarmerie que ce soit au domicile, sur la voie publique ou au commissariat. Voilà pourquoi, la mission première de cette délégation sera d’agir sur l’accueil réservé aux victimes par les policiers et gendarmes.

Un socle existe : c'est la charte d’accueil affichée depuis le 15 janvier 2004 dans tous les services de police et de gendarmerie. Des instructions ont été données.

Mais cela ne suffit pas !

Pour l'heure, l’accueil n’est pas toujours satisfaisant. Nous avons encore une grande marge de progrès. Je constate parfois des dysfonctionnements graves. C’est pourquoi j’ai décidé d’inclure une évaluation de la qualité de l’accueil dans l’évaluation générale du fonctionnement des services. Je veux que l’accueil des victimes devienne une véritable mission de police et non pas une tâche plus ou moins ingrate, plus ou moins effectuée à la va-vite dans un coin obscur d’un commissariat ou d’une brigade, sans aucune confidentialité.

C'est une "révolution" culturelle et organisationnelle que les forces de sécurité doivent entreprendre.

J'attends de la délégation qu'elle crée, dans le domaine de l’aide aux victimes, une véritable professionnalisation des comportements des policiers et des gendarmes. L’accueil des victimes doit être assuré par du personnel bien formé, bien équipé et volontaire. Parce que je veux donner à cette mission ses lettres de noblesse, il y aura des méritants en la matière comme il existe des méritants dans toute autre action de police. 'ai évoqué à l'instant le terme de "révolution" culturelle et organisationnelle. Cela en est une ! Policiers et gendarmes devront se mobiliser, repenser leur fonctionnement et leurs pratiques.

Je souhaite que les victimes ne soient plus accueillies dans les mêmes locaux que leurs agresseurs, je souhaite qu’elles ne soient pas abandonnées après leur déposition, je souhaite qu’elles soient informées des suites données à leur plainte. C'est bien toute une nouvelle approche qu'il convient d'ancrer au cœur de l'institution.

J'en ai conscience, les victimes ne constituent pas un "univers" homogène. Les différences de chacun doivent être prises en compte, car on n’accueille pas de la même façon une femme battue ou un enfant victime d’inceste, comme on accueille une personne victime d’un vol à la tire. Il faut un traitement particulier pour les personnes dites vulnérables : personnes âgées, femmes enceintes, mineurs….

Bien évidemment tout doit être fait en faveur des victimes d'atteintes aux personnes. De la même manière, une dame âgée victime de cambriolage dans la soirée doit faire l'objet d'un réel accompagnement et d'un suivi constructif : la rassurer, où va-t-elle dormir, faire intervenir un serrurier. On ne lui dit pas qu'on va venir le lendemain.

Je développerai, chaque fois que cela sera possible, un accueil particulier dédié à certaines catégories de victimes, et j’invite les associations d’aide aux victimes à nous apporter leur expertise et leur soutien (il peut s'agir par exemple de victimes d'actes de terrorisme, de violences de la route, comme de violences sexuelles ou familiales). J'ai bien conscience, en effet, qu'il y a des problématiques bien particulières à chaque type de traumatisme.

Sachez aussi que j'ai demandé aux deux directeurs généraux de la police et de la gendarmerie nationales de mettre en place dans chaque département des enquêteurs spécialisés dans le domaine éminemment sensible des violences infra familiales. Naturellement, ils seront en lien avec la délégation.

Mesdames et messieurs, Avant l’été prochain, nous dresserons ensemble un bilan des progrès réalisés et du travail restant à mener. Dans la concrétisation de nos objectifs, vous aurez votre rôle car c'est un défi commun. Je vous demande de nous aider en dialoguant, en nous alertant, en nous proposant des pistes. Je demande aux associations de victimes et d’aide aux victimes d'approfondir avec nous cet échange constructif afin que la prise en compte des victimes dès la première minute soit un début de réparation.

Sachez que dans chaque département, les correspondants départementaux d’aide aux victimes ainsi que les bureaux d’aide aux victimes sont à votre service. J’ai demandé que ce réseau soit animé par la délégation en concertation avec les directions d’emplois afin que la cohérence du dispositif soit assurée.

La délégation aux victimes entretiendra des relations étroites et permanentes avec l’ensemble des associations de victimes ou d’aide aux victimes, analysera et relayera vos attentes. Vous disposerez désormais d’un point d’entrée unique au Ministère de l’intérieur.

Enfin, je vous indique que la délégation aux victimes sera chargée d’inscrire l’action du ministère de l’intérieur et de l’aménagement du territoire dans une démarche partenariale tant au niveau national qu’international. A cet égard, j’ai demandé à la délégation d’explorer toutes les bonnes pratiques à l’étranger, notamment au Canada, afin que rien ne soit laissé de côté. Je veux que nous fassions preuve d’imagination et d’audace.

En résumé, les membres de la délégation seront votre point de contact quotidien. Vous leur ferez remonter vos témoignages, et ils s'investiront au plus près du terrain pour vérifier et analyser ce qui existe. Ils organiseront des rencontres locales, serviront d'aiguillon aux administrations et se rapprocheront de nos partenaires du monde médical ou judiciaire afin de vous offrir un service de qualité, attentif à vos parcours et prenant en compte votre traumatisme.

Mesdames et messieurs, voilà les réflexions et indications que je souhaitais vous livrer aujourd’hui. Les victimes ont des droits dont il est légitime de penser qu'ils sont supérieurs, au regard des circonstances, à d'autres droits. Sachez que je mettrai toute mon énergie pour défendre cette cause.

 

dimanche, octobre 23 2005

Concert pour l'AIVAR

lundi, octobre 3 2005

Conférence-débat

Conférence – Débat :


« UN AUTRE REGARD SUR LA ROUTE »

  Que fait-on pour prévenir les accidents de la route ? 

 Que fait-on pour aider les personnes victimes de la route ?

 Samedi 22 octobre 2005

14h – 18h

Salle de la Bourse

Place du Maréchal De Lattre de Tassigny

67000 STRASBOURG

Rencontre présidée par Madame Fabienne KELLER, maire de Strasbourg.

Rencontre organisée par :

L’Association Laurence FRITZ « Savoir vivre la route »

L’AIVAR Association d’aide aux victimes de la route

 « Un autre regard sur la route » est celui que l’on porte à la lumière de l’expérience et de l’expertise de chacun. Pour réagir et agir, une réflexion de fond sera menée conjointement par des usagers, des praticiens, des universitaires et des chercheurs.

« Un autre regard sur la route »

13h45 : accueil des participants

14h : Mot de bienvenue : Mme Monique FRITZ , Présidente Association Laurence Fritz et AIVAR

 Introduction : Mme Fabienne KELLER, Maire de Strasbourg

 14h 15 : Première table ronde :

Associations et professionnels

Animateur : M Daniel RIOT, Journaliste

Me Laurent HINCKER , Avocat. Strasbourg

M Yves LAUGEL , SIRAC. Strasbourg

M Didier DIEUDONNE, M Jérôme VOULAND. DDE. 67

M Pierre SCHEIDECKER , Débrouillothèque, MJC. Strasbourg

M Joseph BESNAINOU, Melle Magali JALADE. Bureau de Vérification de la Publicité (BVP)Paris

Mme Monique FRITZ , Association Laurence FRITZ. Strasbourg

Mme Christiane GUILLOUX , AIVAR. Strasbourg

 15h 45 - 16h15 : Questions-Réponses

16h 15- 16h30 Pause

16h 30 : Deuxième table ronde :

Praticiens et chercheurs

Animateur : Me Laurent HINCKER

M Richard HELLBRUNN , Psychologue clinicien. Paris

Mme Elisabeth ITOFO, Sociologue. Strasbourg

Melle Magali PAILLIER , Philosophe. Strasbourg

M Louis-Albert DEVILLAIRS , Doctorant en droit. Strasbourg

 17h30 - 18h : Questions - Réponses

18h : Synthèse

Conclusion et remerciements : Mme Monique FRITZ 

- page 2 de 5 -